Premier Ministre et Ministres au Tchad: des goumiers sans pouvoir

Publié le par Evariste DJETEKE

Premier Ministre et Ministres au Tchad: des goumiers sans pouvoir

Il n’est pas du tout bien d’être ministre ou premier ministre sous le ciel tchadien. Seul le président compte, le premier ministre et ses ministres ne sont que des valets du chef de l’Etat. Ces troubadours de salon n’ont aucune marge de décision vu que tous les pouvoirs sont concentrés dans les mains d’une seule personnalité, son excellence le président de la République à qui l’on se réfère pour la conduite à tenir. L’homme « sous l’impulsion ou la houlette de qui » tout se décide et se déroule  et sans qui rien ne va. Etant entendu que seul le président compte, que valent alors le premier ministre et les ministres au Tchad ? Des goumiers des chefs de canton au temps de Feu Ngarta Tombalbaye.

 Le premier ministre et les ministres  ne sont que des valets, des garçons de course, des boys du chef de l’Etat. Du règne de HH, certains ministres tremblaient devant les cousins, femmes, fils,  filles, chats et chiens de celui-ci.  Au fait, ces comportements n’ont pas disparu des rangs des ministres d’aujourd’hui si l’on s’en tient au cas de ceux qui se confondent au magma et se prosternent devant des intimes du chef de l’Etat. La plupart des ministres pour ne pas dire tous, au lieu d’être au service du pays se mettent à servir exclusivement un homme et le système. Idem pour les directeurs généraux qui vont jusqu’à laisser des marges de manœuvre aux frères et cousins de maîtresses du prince, juste pour conserver leurs garde-mangers.  

Les ministres tchadiens sont obligés à chaque occasion de craindre pour leur pain et ainsi, ils font tout pour plaire au chef, au patron,  du « Palais Rose ». Il y en a qui n’ont aucune initiative sauf celles que le président leur donne à faire. Pourquoi est-on nommé à ce poste alors ? Pour seulement lécher les miettes ou servir le pays ?

Au Tchad, les ministres ont toujours fait référence au chef de l’Etat dans tout ce qu’ils entreprennent avec des bouts de phrase du genre « Sous l’impulsion de son Excellence, Président de la République, Chef de l'Etat, M. Idriss Déby Itno ». Tous les ministres  ne font que répéter ces bouts de phrase dans leurs allocutions comme si l’on ne savait pas qu’au Tchad à l’heure actuelle, c’est Déby qui dirige. Des « dessins verbaux » ressemblant aux enfantillages ou nègreries comme le dirait l’autre. Des mises en scène qui font pouffer de rire plus d’un au Tchad.

Dépouillés de leurs pouvoirs, les ministres ont fini par ne représenter que l’ombre d’eux-mêmes. Le dépouillement des pouvoirs du premier ministre et des ministres commence déjà avec la composition de leurs cabinets. Aucun Premier Ministre que certains assimilent d’ailleurs au premier des ministres et ministre n’a formé librement son cabinet sous le règne de Déby. Ils sont tous  obligés de composer avec des hommes imposés à eux par le système MPS. En principe, dans un système démocratique, chaque Premier Ministre ou Ministre débarque avec ses hommes à lui en qui il a confiance. A la primature, n'en parlons pas. M. Pahimi II est obligé de composer  avec même  les cafards du MPS. Le même scénario se déroule dans les cabinets ministériels où les ministres sont tenus de faire avec les hommes à eux imposés. Les ministres débarquent souvent pour certains, avec l’attaché de cabinet, le conseiller en communication et la secrétaire particulière qui sont leurs hommes et pour d’autres, seuls, tous leurs collaborateurs étant des recommandés ou des individus déjà en place qu’il est obligé de garder malgré lui. Une aberration que tentait de refuser Mahamat Saleh Haroun  au moment de son entrée au gouvernement.   Mais ce refus n’a été que de courte durée.  Il es obligé de  "tourner" de "crier" et de danser avec les acteurs du MPS.  

Mais alors, si un premier ministre ou un ministre n’est pas en mesure de former librement son cabinet, d’où devrait commencer d’ailleurs son pouvoir, de quelles prérogatives dispose-t-il ? Dans ces conditions où tous leurs pouvoirs sont dépouillés par le président, les ministres deviennent quoi ? N’est-ce pas des goumiers, des valets, laquais, faire-valoir corvéables et taillables à merci. Entre-temps, savez-vous qu’au Tchad, les ministres ne démissionnent pas, ils sont démissionnés ? Le président peut les humilier comme il veut, ils sont là à courir derrière lui comme un enfant affamé derrière sa maman pour une pitance (qui parle de Jean Bernard Padaré). Une fois remerciés et/ou jetés, certains se transforment en conseillers à la présidence même s’ils ne sont jamais consultés pour conseils. Et puis, le poste est tellement dévalué de nos jours que n’importe quel margouillat peut devenir ministre. Il y en a de toutes les couleurs et de toutes les catégories. D’aucuns vont jusqu’à parler de calamités, désastres, coquilles vides.  Dans un pays où les ministres ont tout perdu, peut-on leur demander encore de laisser tomber le pain auquel ils s’y accrochent? Ainsi, les ministres au Tchad se hâtent tous comme si demain sonnera la fin du haricot.  Entre nous, qui a donné tous les pouvoirs au Président de la République, au Chef de l'Etat, à son Excellence, M. Idriss Déby Itno, le bâtisseur? Premier Ministre, Ministres, DG et autres: TAISEZ VOUS ET MANGEZ.  C’EST TOUT.  Tout ce que le Roi Déby fait est bon, vive le Roi !

Koyodé Masdé avec Taffa B.

Publié dans politique

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