Les tchadiens ne savent pas rêver, ils sont à genoux !

Publié le par Evariste DJETEKE

Les tchadiens ne savent pas rêver, ils sont à genoux !

Un peuple amorphe, résigné qui ne sait pas rêver, qui ne fait pas rêver, un peuple qui rêve debout au « lieu d’être debout et à l’ouvrage ». Le peuple tchadien ne mérite-t-il pas Idriss Déby Itno ? « S'il est une question qui revient comme un refrain et sur laquelle on a développé plusieurs allégations, c'est bien celle de savoir pourquoi les tchadiens ne réagissent-ils pas devant ces situations que l'on juge inacceptables » ? Les tchadiens donnent l'expression d'un peuple tétanisé ou sinon amorphe face à des enjeux généraux pour ne pas dire nationaux. C’est au Tchad où un Président modifie la constitution pour un pouvoir à vie depuis des années et où aucune réaction même timide n’est signalée ; c’est au Tchad où le gouvernement peut se permettre de développer une chose et son contraire, de supprimer la bourse des étudiants et les indemnités des fonctionnaires, d'augmenter vertigineusement le prix des denrées de première nécessité, de recruter des cancres dans une prestigieuse école, de « vendre » le passeport à 120 000 aux citoyens, d’entretenir une armée ethnique, clanique, de s'installer définitivement dans l'amateurisme, le dilettantisme sans coup férir, sans que le peuple ne réagisse. Un pays où on tue et on kidnappe en plein jour dans la capitale, des médecins, des avocats, des syndicalistes, etc. Et l'on se permet de comparer en convoquant des exemples passés dans d'autres pays qui, pour bien moins que ce qui se passe au Tchad, auraient réagi avec la plus grande détermination. Et les tchadiens rêvent de réaliser l’exploit des burkinabé… Mon œil ! Le mal est profond, très profond et il n’y a que quelques troubadours qui se disent intellectuels ou je ne sais quoi qui n’en ont pas conscience car ils ne se ravitaillent en analyses que sur des sondages le plus souvent avariés. Mais le problème c’est que le Tchad se retrouve face à une crise aiguë qui nécessite désormais de la chirurgie d’urgence ou des remèdes de cheval.

Il y a parfois des signes qui ne trompent pas. Ce n’est pas la rue tchadienne qui a fait fuir Habré. Le peuple tchadien n’a jamais, au grand jamais fait trembler un régime de 1960 à nos jours… Qu’on ne me parle pas de Mangalmé ici… Habré torturait, tuait, brûlait des villages, prenait le peuple en otage avec ses sbires et la DDS…Aucune ethnie, aucun groupe n’a voulu se sacrifier pour libérer le Tchad pendant huit (8) longues années. La suite se passe de commentaires !

« Le peuple tchadien ? Résigné, découragé, amorphe, inhibé par la peur d’agir, atteint d’une grande paralysie mentale, devenu une sorte de légume au fil des siècles de contamination, et démissionnaire, tel un toxicomane renonçant au combat pour la vie qui fait de la drogue une solution à ses problèmes, alors qu’l ne fait qu’ajouter des maux à ses problèmes. N’ayant pas appris à réfléchir et à raisonner par lui-même et d’agir dans le sens de l’intérêt commun, il s’en remet à la volonté d’une force imaginaire, supranormale, et mystérieuse pour prendre en charge son destin »… Pitié !

Au lieu de lutter pour une démocratie réelle, les tchadiens se laissent bercer par les illusions des autres luttes, des paradis artificiels, hallucinant sur un monde virtuel, pour noyer l’amertume de sa vie qui n’est pourtant pas irréversible pour celui qui a la force de croire qu’au cœur vaillant rien est impossible et qu’il n’y a pas de victoire sur soi et sur l’adversité sans effort et abnégation.

« Rendu fataliste et défaitiste par des années de surconsommation de cette substance de la facilité et de « béni oui oui », les tchadiens se sont installés dans les habitudes du désespoir, pour en faire sa voie de salut pour un monde meilleur dans l’au-delà. Tout se passe comme si la résignation à son mal-être est son seul destin sur cette terre. Dépossédé de toutes ses facultés mentales et intellectuelles, vivant dans un univers carcéral castrateur où tout amour pour soi, ses semblables et la patrie qui les nourrit est absolument interdit, passible des feux de l’enfer, iles tchadiens sont incapables d’imaginer qu’ils puissent avoir un monde que des humains de son espèce ont construit par leurs mains. Lesquels pour y arriver ont mené par eux-mêmes » les luttes les plus ardues qui furent chez certains très brutales qu’on appelle : révolution. C’est le cas du peuple burkinabé

Le peuple tchadien a cru avoir fait la sienne, mais ce ne fut qu’une illusion d’optique… Idriss Déby Itno est en roue libre et peut dormir tranquille sauf si la France décide autrement. Le contexte burkinabé est différent du contexte tchadien… Avec une opposition divisée, saucissonnée, une société civile dont une bonne partie lèche les doigts avec le bonus du pétrole, une jeunesse désemparée, déboussolée, perdue, sans repère, une pauvreté légitimée et orientée qui progresse dangereusement, arrêtons de penser que le peuple tchadien est capable de surprendre par une révolution à l’exemple du peuple burkinabé… Arrêtons de rêver ! Ce peuple là, celui du Tchad là, ne sait pas rêver, ne fait pas rêver… Il est à genoux ! Et à ce rythme, le peuple tchadien est assuré de faire du Tchad un enfer qui le conduira tout droit dans les fonds abyssaux de la civilisation humaine. Les prochaines élections présidentielles , c'est pour quand? M.M.

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