Tchad: au commencement était l'insécurité...

Publié le par Evariste DJETEKE

Tchad: au commencement était l'insécurité...

... "Et l'insécurité était avec Idriss Déby Itno, et l'insécurité était Déby... Elle était au commencement avec Déby, dés son arrivée en 1990 quand les mercenaires soudanais tuaient des paisibles citoyens pour arracher leurs biens... Et elle continue avec l'ANS et les milices du pouvoirs.

Les populations du Tchad sont-elles condamnées à subir impuissantes la loi des tueurs, braqueurs, kidnappeurs du régime? C’est la question que l’on est tenté de se poser, devant la recrudescence de l’insécurité, de la barbarie dans le pays sans réaction majeure de notre fameux ministre de la sécurité. L'insécurité se généralise et se banalise même. Les citoyens semblent carrément livrés aux malfrats qui opèrent en toute tranquillité, dans l’indifférence totale des autorités et des forces en charge de la sécurité et de la justice. Pendant ce temps, c’est toute une armada et des moyens énormes que l’on déploie aux trousses des citoyens qui revendiquent leurs légitimes droits...

La misère est le lot quotidien des populations depuis des années et les choses semblent corsées naturellement depuis le hold-up électoral et la victoire du roitelet aux dernières élections présidentielles. Mais elles doivent en plus partager leurs journées et nuits avec l’insécurité et les enlèvements. La chose connaît une telle recrudescence qu’on a toutes les raisons de s’inquiéter.

L’insécurité ne se limite pas seulement à Ndjaména. D’autres localités de l’intérieur aussi sont touchées. Des gangs puissamment armés, proches du pouvoirs "sèment" la mort partout.

Ces malfrats et criminels opèrent en toute quiétude, ce qui porte à croire qu’il n’y a pas de forces déléguées à la sécurité des citoyens. Devant la banalisation du phénomène, ce sont simplement des appels à la prudence qui sont lancés de gauche à droite... Et ces amuse-galeries qu’on appelle malheureusement ministres chez nous minimisent cyniquement cette situation car certains entretiennent ces milices qui ont une étonnante capacité de nuisance et de destruction de vies humaines. Ceux-ci se convainquent d’être dans l’avenir les successeurs de leurs pères et considèrent toute opposition à ceux-ci comme une attaque personnelle contre eux.... Et le ministre de la justice, lui, a fini par serrer les fesses devant la barbarie et le carnage des prisonniers sans défense . Ce sont ces événements et bien d’autres qui expliquent la mobilisation d’une grande partie des organisations de la société civile, des partis politiques et des médias au sein des différentes coalition pour un "autre Tchad". M.M.

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