Alerte: L'ANS renforce sa capacité de nuisance

Publié le par Evariste DJETEKE

Alerte: L'ANS renforce sa capacité de nuisance

Un vent favorable nous a fait parvenir une liste de 500 personnes recrutées dernièrement par l'Agence Nationale de Sécurité (ANS), la police politique du régime au pouvoir au Tchad. Il s’agit d'une liste et d'un texte d’un exposé.

Dans un raccourci saisissant, le texte qui accompagne la liste explique que les agents recrutés doivent « devancer les événements et saisir le taureau par les cornes, mettre hors d'état de nuire certains agitateurs et ennemis".

On y note toutefois quelques instructions moins classiques comme « suivre et contrôler les médias » ; « prendre en charge toutes les personnes ressources qui s'activent dans les réseaux sociaux", " connaître les contacts étrangers et locaux de certains hommes politiques et membres de la société civile ; « infiltrer toutes organisations et manifestations pour démasquer les activités pouvant déstabiliser le pays»; « infiltrer les états-majors des autres partis, syndicats et mouvements pour détecter leurs stratégies. Déployer des agents dans ces états-majors, qui fourniront quotidiennement les informations sur les partis rivaux ».

Parmi les 500 personnes qui renforceront les anciens et suivre les tchadiens comme du lait sur le feu, 60 serviront à l'étranger (les pays voisins, la France, le Canada et l'Afrique de l'Ouest). Cette agence qui «excelle» dans les cabales, les arrestations arbitraires et la traque des contradicteurs du régime peaufine dans les officines secrètes des mesures pour bâillonner d'avantage l'opposition et la société civile. Politisation, tribalisme et manque de professionnalisme sont les principaux maux qui handicapent l’ANS. Il faut réformer ce service public dont les agissements n’ont rien à envier à ceux de la DDS (sous Habré) ou de la NIA (Sous Yaya Jammeh). A tort ou à raison, le manque de professionnalisme dont jouissent les responsables des «services» poussent des observateurs à conclure que la série de «vrai-faux complots» qui secoue le pays ne serait que de la «manipulation politique» initiée par Idriss Déby et les «durs» de son régime.

On le voit, l’ANS évoluent dans une «zone de non-droit». Rattachée à la Présidence de la République – on se demande bien pourquoi, dans un pays qui se dit démocratique -, cette Agence n’est nullement au service de la sécurité nationale du Tchad. Elle est au service exclusif du Président, de son parti et de sa mouvance.

Outre les écoutes, l’ANS procède à des arrestations. Sans mandat. Les activistes des droits humains parlent d’«enlèvement». Récemment, des agents de l’ANS ont arrêté M. Daniel Ngadjadoum à sa sortie de la messe. Il lui est reproché d’avoir émis son opinion sur l'actualité politique nationale.

Cette agence utilise de fois la cruauté sous sa forme la plus vile. Bien que la communauté internationale connaisse l'ampleur des tortures, crimes et traques perpétrés par l'ANS, elle a choisi de se concentrer sur la lutte contre Boko Haram et assimilé.
Il faut « dépolitiser » l’Agence nationale de Sécurité en faisant appel à des professionnels du renseignement. MM.

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