COMMUNIQUE: enlèvement et assassinat, des pratiques institutionnalisées au Tchad

Publié le par Evariste DJETEKE

COMMUNIQUE:  enlèvement et assassinat, des  pratiques institutionnalisées au Tchad

L'enlèvement du Journaliste Ngadjadoum Daniel qui vient compléter la longue liste des actes criminels du régime est inacceptable.

Aujourd'hui, en effet, il ne reste plus que le génocide, pour boucler la boucle des menaces et autres actes anti démocratiques posés par le régime actuel pour museler les journalistes et les défenseurs des droits de l'Homme : on a enlevé, menacé et emprisonné des opposants et des membres de la société civile, on a tué des journalistes, des magistrats , des étudiants sans autres forme de procès, on a violé des filles sur le chemin de l'école, on a limogé des fonctionnaires parce qu'ils refusaient d’être le complice d'une injustice dont ils auraient rendu compte devant le peuple et devant Dieu, on a liquidé des militaires parce qu'ils ont exercé leur droit de vote, on menace d'autres leaders d'opinion des foudres d'une certaine justice agenouillée devant leurs ordres, et malgré tout cela, la protestation et la dénonciation des scandales et de l'incurie du régime de Déby enflent si fort qu'elles se sont transformées en un tsunami terrible dont on ressent intérieurement le lointain bruissement sourd qui enfle inexorablement!

Nous ne pouvons pas regarder le Tchad sombrer peu à peu dans une désintégration de son intégrité publique au risque de voir se perpétrer d'autres enlèvements voire d'autres assassinats.

Le génocide est la seule extrémité que ce régime n'a pas encore expérimentée!
 

M. Ngadjadoum Daniel a donc été kidnappé à quelques mètres d'une l'église par des individus qui l'ont ensuite embarqué dans une voiture pour une destination inconnue.

Le Groupe de Réflexion et d'action pour le Tchad (GRAT) est très inquiet des informations évoquant l'enlèvement du journaliste Ngadjadoum Daniel du Journal "le Visionnaire", qui serait dans les mains de l'Agence Nationale de la Sécurité (ANS).

Le Groupe de Réflexion et d'Action pour le Tchad (GRAT) condamne fermement cet acte terroriste visant à museler la presse et apporte tout son soutien à l' organe de presse pour lequel M. Ngadjadoum travaille et affirme sa solidarité avec tous les journalistes, bloggeurs et leaders d'opinion qui luttent.

Le GRAT condamne avec la dernière énergie le climat de terreur qui tend à se pérenniser et s’institutionnaliser au Tchad et demande vivement aux autorités de mener des recherches approfondies pour retrouver les ravisseurs du journaliste Ngadjadoum Daniel.

Le GRAT dénonce les actes attentatoires contre la liberté de presse au Tchad et la menace permanente contre l'intégrité physique des journalistes dans l'exercice de leurs fonctions par des pratiques et méthodes digne de la Stasi et de la DDS.

Le GRAT s’inquiète d’informations qui lui sont parvenues, preuve à l'appui selon lesquelles les autorités et l'ANS auraient commencé depuis décembre à surveiller comme du lait sur le feu 126 personnes(liste à l'appui) à N'djamena dont les journalistes et les membres de la société civile. M. Ngadjadoum fait malheureusement partie de ces personnes en danger.


Le GRAT appelle les autorités tchadiennes à arrêter les opérations d'enlèvement et d'assassinat dont sont victimes des journalistes et autres citoyens car Le fait de chercher à neutraliser l’opposition ou à étouffer toute velléité de contestation a toujours été contre-productif pour les chefs d'Etat dictateurs (Compaoré, Jammeh, etc.)

Dakar, le 28 février 2017

 

Publié dans opinion

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