Babacar Justin Ndiaye : Yahya Jammeh est un guépard par terre et non un guépard sous terre…

Publié le par Evariste DJETEKE

Babacar Justin Ndiaye : Yahya Jammeh est un guépard par terre et non un guépard sous terre…

La situation politique qui prévaut en Gambie, actuellement, n’a pas échappé à la vigilance du politologue, Babacar Justin Ndiaye. Ce dernier est convaincu que le président Yahya Jammeh est en train de s’aménager une porte de sortie pouvant lui éviter d’atterrir dans une cellule ou au cimetière. Dans son dernier « Laser du lundi », l’analyste politique, n’a pas raté, l’ex homme fort de la Gambie.

 Deux anguilles sont bien présentes sous la roche gambienne. La première est perceptible sans microscope. En effet, Yaya Jammeh sait comment on accède au pouvoir en Afrique : soit par la baïonnette, soit par le bulletin de vote… En revanche, la question « léninienne » est toujours actuelle et ardue : que faire pour quitter le pouvoir, sans aller au cimetière (les ex-Présidents François Tombalbaye et Baré Maïnassara) ni atterrir dans une cellule (Moussa Traoré et Hissène Habré) ou alors végéter dans un exil, sans fin, comme Mengistu Hailé Mariam et Ould Taya ? 

"L’ex-homme fort de Banjul a trouvé la réponse provisoire dans un scénario qui brise, en sa faveur, la quadrature du cercle", soutient l’analyste politique. 

Avant d’ajouter: « Les propos alambiqués et contradictoires du Président élu Adama Barrow, laissent entrevoir une clémence fermement programmée sans être publiquement assumée…De façon ramassée, Yaya est un guépard par terre et non un guépard sous terre. Donc un fauve à ménager ».
 

« Banjul est, en effet, le théâtre d’une manœuvre politique millimétrée, planifiée et, surtout, pilotée avec l’inévitable dose de cynisme caractéristique de l’action politique. A mille lieues de l’improvisation, c’est un tyran rusé, en l’occurrence Yaya Jammeh, qui a liquidé physiquement le faucon de l’opposition (Solo Sandeng), embastillé le patriarche de la scène politique (Ousainu Darboe), sélectionné et, in fine, adoubé un adversaire non emblématique – sans passé ministériel ni parlementaire – pour en faire un concurrent falot et un vrai complice dans un processus plus proche de la collusion que de la collision électorale. L’odeur du deal est tenace. Mais, il s’agit d’un deal curatif pour un pays avide de guérison. L’arrangement démocratique, indiscutablement et proprement validé par les urnes, n’est-il pas préférable à l’orgie de violences ?
», Conclut-il.

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