Les misérables tchadiens

Publié le par Evariste DJETEKE

Les  misérables  tchadiens

Comme dans Les « Misérables de Victor Hugo » où l’on « ménage sa chandelle en prenant son repas à la lumière d’en face », les Tchadiens ne peuvent bénéficier de la démocratie qu’en admirant les autres en jouir. Vraiment, la seule option?. Flatterie mise à part, le Tchad ne fait aucunement école pour pavaner à l’ère des prouesses démocratiques.

A la gouverne du Tchad, Déby ne parle pas et n’éclaire nullement : c’est un fait. Il omet même de remplir une de ses obligations constitutionnelles. Malheureusement pour lui, dans les périodes de crise et de désarroi, un chef d’État doit être complet, franc et direct, sans illusions, sans allusions, sans tromperie : indiquer la voie, convaincre et agir en conséquence.

M. Idriss Déby sortira-t-il enfin de son mutisme légendaire et de sa convalescence, après cette mascarade et dire vraiment ce qu’il désire faire du Tchad, quant à la soif et à la nécessité démocratique de ses citoyens et de sa propre promesse de réconciliation et de l’émergence?

En tout ou en partie, c’est à cause de son silence sur des problèmes majeurs que Déby manque sa gouverne politique. Particulièrement dans son cas, avoir succombé à toutes les marques d’indifférence vis-à-vis des perspectives adverses, avoir cédé devant la personnalisation démesurée d’une gouvernance étonnamment conservée immature, lointaine et autoritaire. Au-delà de tout, et comme seul résultat politique tangible, M. Idtriss Déby Itno est rapidement parvenu à la confiscation du pouvoir, en répétant systématiquement et en répandant sociologiquement la légendaire recette d’Ali Baba et ses compagnons.

Tous ces faits renforcent l’amer constat d’une incapacité de rupture avec le passé, et pour le bien commun au Tchad. Aucune discussion ou aucun avis différent n’est possible; la société civile et les militaires viennent d’en faire l’expérience de nouveau. Aucune élection n’est crédible. Aucune réforme politique d’essence démocratique n’est envisageable, sauf pour garantir au chef de l’État une immunité constitutionnelle.

Nouvel appétit de changement constitutionnel

Dans le cercle des régimes allergiques à l’avancée démocratique en Afrique francophone –groupe auquel se retrouve le modèle tchadien de de M. Déby aux côtés de celui du Congo où Denis Sassou Nguesso et de Paul Biya.
 

Au Tchad, les jours et les occasions passent et Déby n’a pas le courage d’évoquer publiquement le seul message qui le hante : changer la Constitution tchadienne une nouvelle fois pour y inclure que, désormais, le mandat du président de la République est limité à deux... La peur de la Cour pénale internationale (CPI) est devenue viscérale dans plusieurs pays africains dont le Tchad.

Idriss Déby Itno possède le don de prendre les couloirs politiques longs, compliqués et infructueux, persuadé que tout doit se faire sous le sceau du secret ou par la contrainte, mais jamais au moyen du verbe, de la persuasion et du charisme politique. Or, au Tchad politique d’aujourd’hui, plus aucun arrangement ne peut se faire sans une transparence dont les acteurs politiques et de la société civile les plus représentatifs seront des parties prenantes, et les citoyens des témoins privilégiés. Une si mauvaise réputation de tout imposer est devenue la marque de commerce du MPS et de son Président dont le génie politique n’est toujours pas une épiphanie.

La tentation du silence, les fréquentations douteuses et récupératrices ainsi que les obscures combines politiques ont, chacune et toutes, littéralement échoué au Tchad. Et c’est tant mieux! Désormais, une ère efficace de vérité politique, de dépressurisation des élus, des notables et des chefs traditionnels ainsi qu’une période d’obligation de résultats politiques validés par les tchadiens eux-mêmes doit s’ouvrir au Tchad. Une ère véritablement nouvelle se doit de s’ouvrir immanquablement au Tchad pour la crédibilité des tenants du pouvoir, pour l’objectif « ni or, ni argent mais la liberté » et  comme promise aux citoyens depuis 1990.

 

Publié dans politique

Commenter cet article