Idriss Deby Itno à la peine

Publié le par Evariste DJETEKE

Idriss Deby Itno à la peine

S’il est fort de son aura internationale, le président tchadien, Idriss Deby Itno, est depuis quelques mois, en proie à une contestation sociale, dont il ne lui sera pas facile de se défaire. Réélu en avril dernier dans des conditions dénoncées aussi bien par ses adversaires que par les organismes internationaux de promotion des droits humains et de la démocratie, il est aujourd’hui rattrapé par la chute drastique des prix du baril de pétrole, une faible diversification de l’économie tchadienne et surtout une gestion du pays jugée à la fois laxiste et chaotique. En sorte qu’au-delà de son opposition politique, ce sont toutes les composantes de la nation qui, les unes après les autres, se dressent contre lui. Ce qui fait craquer sa forteresse qu’il pensait imprenable.

Mésures impopulaires

Même s’il survit au malaise social qui se généralise au Tchad, Idriss Deby Itno y laissera des plumes. Son intransigeance et son autorité notamment risquent d’en prendre un coup. En effet, les poches de contestation se multiplient. Confrontés à une crise économique consécutive à la baisse des cours du pétrole sur le marché international, lui et son gouvernement ont dû prendre des mesures plutôt impopulaires : suppression des bourses estudiantines, suppression d’une partie des indemnités des fonctionnaires et des députés, etc. A ces mesures nouvellement instaurées s’ajoutent des arriérés de salaire pour notamment les enseignants. Résultat : les établissements d’enseignement publics sont encore fermés et le corps médical en grève. Sentant le moment propice, l’opposition entre dans la danse avec un plan d’action dont la journée ville-morte d’hier n’est que le point de départ.

Au bord de la banqueroute

En d’autres circonstances, on aurait compati au sort du pauvre Deby. Mais il se trouve que le président du Tchad ne mérite aucune indulgence. Tout au contraire, il ne récolte que ce qu’il a semé durant son long règne. Tenant le pouvoir d’une main de fer, il s’est obstinément opposé à l’émergence d’une opposition digne de nom. Quelques-uns de ses adversaires qui se sont autorisé une certaine témérité sont aujourd’hui portés-disparus. Par ailleurs, les yeux fixés sur le pouvoir, lui-même essentiellement perçu comme un moyen de jouissance, le président tchadien n’a pas su diversifier l’économie. Tant que le pétrole coulait, lui et ses affidés étaient tranquilles. Ne se préoccupant même pas de mettre en place un mécanisme de perception et de gestion rigoureuse et transparente des recettes tirées de l’exportation de l’or noir. Ainsi, la corruption, la prévarication, les détournements,… y règnent en maitres et la misère du populo cotoie le luxe insolent des dirigeants et de leurs entourages respectifs. Aussi, dès le premier couac lié à la chute des prix du baril de pétrole, le pays est au bord de la banqueroute. GRAT avec Boubacar Sanso B.

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