Tchad: 18 000 étudiants vont mourir de faim et d'ignorance

Publié le par Evariste DJETEKE

Tchad: 18 000 étudiants vont mourir de faim et d'ignorance

18 000 étudiant privés de pain, d'eau et de savoir. Le régime tue à petit feu... La machine à éduquer va mal, ce n’est presque plus qu’un cadavre exsangue, uniquement agité par les soubresauts dus à son pourrissement. Les faits l’attestent aisément : des infrastructures délabrées, des classes bondées à craquer, des enseignants mal payés et sous surveillance du politique, les syndicats des enseignants sous tutelle des gouvernants, des budgets de l’éducation loin des attentes, Le niveau baisse, il baisse avec la régularité d’un train qui fonce droit dans le mur. Combien de fois n’avons-nous été désemparés par la relative médiocrité, ne serait-ce que dans la capacité à s’exprimer, des lycéens voire des « nouveaux étudiants »

Accompagner la baisse de niveau ne servira à rien. Depuis trop longtemps, il semble pourtant que l’État préfère casser le thermomètre au lieu de voir les choses en face et de prendre ses responsabilités. Le ministre Mackaye Hassan Taïsso vient d'administrer le coup de grâce aux 18 000 étudiants de nos universités et instituts. Pas de bourse. Point final! Avec un système éducatif vieilli, reposant sur son propre squelette en équilibre précaire, un programme suranné digne de l’époque coloniale – des enseignants de moins en moins bien formés, de moins en moins dévoués, de moins en moins intéressés, ne serait-ce que vaguement, à la formation complète des élèves, ayant une vision plus mercantiliste que sacerdotale de leur métier, avec la sur-extension du secteur privé – l’absence de réformes structurelles profondes pour régénérer le système… un esprit tordu serait tenté de croire que la baisse de niveau général n’est pas une anomalie mais plutôt le but recherché par cette machine infernale. Après tout, il est tellement plus facile de régner sur des gens mal éduqués et anesthésiés par l’alcool, enfin bref, c’est encore autre chose, je divague, je perds la boule, comme notre système éducatif en somme. Entre temps, l’université ressemble à un tombeau à ciel ouvert où viennent mourir et pourrir la plupart des ambitions et des énergies de la jeunesse bachelière. Il parait que celui qui contrôle l’éducation d’un pays pendant une génération décide de son destin pour un siècle. Eh bien, on ne peut s’empêcher d’être plein de questionnements et de doutes quant à l’avenir de notre État, le Tchad, et du rôle qu’il pourra jouer dans l’Afrique de demain. Bien sûr, on pourra toujours compter sur nos bons bourgeois et nos hauts cadres de la fonction publique qui envoient leurs enfants se former dans les meilleurs écoles, à l’étranger notamment, ils viendront héroïquement prendre les rênes du pays et le pauvres qui sont au pays vont mourir ignorants, mais quand même! Pauvre Tchad. KRB

Publié dans politique

Commenter cet article